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Mesures correctives temporaires après le décès d'un opérateur de métro

Quelque six mois après le décès d’un opérateur de métro de Montréal, Mario Beaulieu, la CSST a déposé son rapport d’enquête, le 25 novembre 2002. Le travailleur, membre de la section locale 1983 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ), comptait 21 ans de service à la Société de transport de Montréal (STM), dont un peu moins de deux années comme opérateur de métro.


Les inspecteurs de la CSST ont déterminé que les causes de l’accident résidaient notamment dans «(…) l’aménagement des lieux non sécuritaires pour les traverses avant des gares et (…) l’évaluation inadéquate des risques reliés à l’utilisation des traverses par les opérateurs de métro».

Pierre Raby, responsable en santé-sécurité du travail à la section locale 1983, était présent sur les lieux de l’accident quelques minutes après le fait. Pour lui, le dépôt du rapport de la CSST, loin de fermer le dossier, constitue le point de départ pour en arriver à des mesures correctives permanentes afin d’éviter qu’un tel accident ne se reproduise. «Nous le devons à la mémoire de Mario mais aussi aux autres employés témoins de l’accident et hospitalisés alors pour de violents chocs nerveux», insiste-t-il.

Les faits
Le rapport de la CSST rend compte du fait accidentel. «Le 15 mai 2002, vers 6 h 10, M. Mario Beaulieu, opérateur de métro, quitte la loge arrière d’une rame de métro pleine longueur (trois éléments de trois wagons) qui débute son déplacement en direction de l’arrière gare de la station terminus St-Michel. Il emprunte la traverse avant des voies située à l’entrée du tunnel pour aller de l’autre côté de la gare.

«Au même moment, une rame de métro courte (un élément de trois wagons) stationnée à une distance de 53 mètres en quai de départ, démarre. Le conducteur aperçoit Mario Beaulieu et klaxonne alors que ce dernier franchit les barres de tension séparant les deux voies. Alerté, M. Beaulieu accélère son déplacement mais la rame, ayant déjà atteint la vitesse de 42 km/h, le frappe avant qu’il n’atteigne l’autre côté.

«Le conducteur actionne le frein d’urgence et la rame terminera sa course 48 mètres (157 pieds) passé le point d’impact».

Depuis l’ouverture du métro de Montréal, il y a 37 ans, il s’agit du troisième accident mortel, mais le seul où un train frappe un opérateur de métro. Pierre Raby rappelle que les traverses sur les voies n’existent que depuis 1989. Entre l’inauguration du métro et 1989, il y avait deux opérateurs pour chaque rame en service et il n’était donc pas nécessaire qu’un opérateur traverse les voies. Il faut également rappeler que la rame impliquée dans l’accident du 15 mai 2002 était en mode de conduite automatique.

Recommandations
Dans un rapport d’intervention du 21 novembre, la CSST autorisait l’utilisation de certaines traverses à condition entre autre que :
  • l’opération des rames de métro à l’arrivée et au départ de toutes les stations terminus se fasse en conduite manuelle;
  • la vitesse d’entrée des rames de métro dans toutes les gares terminus ne dépasse pas 32 km/h;
  • tous les opérateurs de métro soient rencontrés dans le cadre de journées thématiques paritaires portant sur les consignes sécuritaires de traverse des voies.

Le syndicat demande que les barres de guidage qui obstruent les traverses sur les voies soient coupées pour rendre ces traverses plus sécuritaires. La Société de transport allègue des problèmes à répondre à cette demande, sans préciser lesquels. À la demande du syndicat, les inspecteurs de la CSST ont d’ailleurs demandé à la STM de préciser la nature de ces problèmes. Pierre Raby, pour sa part, ne comprend pas cette attitude de la STM puisque des barres de guidage sont coupées sur plusieurs traverses depuis plus de vingt ans sans que cela n’ait occasionné le moindre problème.


«Ce dossier est loin d’être terminé. Il nous reste beaucoup de travail à faire, de concert avec nos membres, avec les inspecteurs de la CSST et avec la STM pour rendre ces traverses les plus sécuritaires possibles», a conclu Pierre Raby en entrevue avec Le Monde ouvrier.

Source:Le Monde ouvrier
N.51 / JANVIER-FÉVRIER 2003



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